Face à l’évolution des attentes envers notre secteur, je constate l’ampleur des ambitions européennes en matière de neutralité climatique, de biodiversité et de résilience urbaine. Les entrepreneurs paysagistes sont de plus en plus impliqués dans des projets complexes liés à la gestion de l’eau, à la lutte contre les îlots de chaleur et à l’amélioration du cadre de vie. Les exigences augmentent rapidement, mais les conditions nécessaires ne suivent pas toujours.
La question des compétences est centrale. Le secteur passe du rôle d’exécutant à celui de partenaire stratégique en adaptation climatique et gestion intégrée du vert. Les formations actuelles ne sont pas encore pleinement adaptées. L’Europe peut soutenir la création de nouveaux profils et harmoniser les compétences entre États membres, renforçant ainsi la qualité et la mobilité dans un secteur confronté à une pénurie de main-d’œuvre.
Les marchés publics doivent également évoluer. Le critère du prix le plus bas domine encore trop souvent, alors que les projets durables exigent une vision à long terme. L’application obligatoire du coût du cycle de vie et des contrats davantage axés sur la performance placeraient la qualité, la biodiversité et la gestion durable au cœur des décisions.
Un autre point crucial est la reconnaissance du vert comme infrastructure à part entière. Il retient l’eau, rafraîchit les villes et améliore la qualité de vie, mais reste sous-évalué. Son intégration structurelle dans les cadres d’investissement et les projets de construction est indispensable.
Si l’Europe active ces leviers, notre secteur pourra pleinement contribuer à la réalisation concrète des ambitions européennes.
© Yves Heirman
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