Dans le secteur des jardins, il existe encore l’idée que tout le monde travaille de manière pragmatique : « tout le monde le fait comme ça », « personne ne contrôle cela de toute façon » ou « ce ne sera sans doute pas si grave ». Pro4Green comprend ce réflexe, car la pression opérationnelle, les pénuries de personnel et la réglementation complexe rendent l’entrepreneuriat quotidien lourd. Mais la compréhension du contexte n’est pas un laissez-passer. Celui qui opère consciemment dans la zone grise prend des risques qui ne touchent pas seulement lui-même, mais aussi son personnel, ses clients et les concurrents honnêtes du secteur.
La digitalisation rend le travail informel de plus en plus risqué. Les contrôles ONSS, les enregistrements de chantier, les systèmes GPS, l’enregistrement numérique du temps, la facturation électronique et les contrôles croisés entre bases de données assurent une traçabilité qui n’existait tout simplement pas auparavant. Ce qui restait autrefois invisible dans des accords oraux ou une administration papier est aujourd’hui détectable et démontrable.
À cela s’ajoute la responsabilité en chaîne : votre responsabilité va plus loin que ce que vous faites vous-même. Même lorsqu’un sous-traitant ou un partenaire ne respecte pas les règles, vous pouvez, sous certaines conditions, être tenu coresponsable, certainement lorsque vous avez omis d’effectuer les contrôles nécessaires ou d’appliquer les retenues requises.
Le Code pénal social renouvelé, dont l’entrée en vigueur est attendue en septembre 2026, renforce encore cette application, avec davantage d’attention à l’intention et à la bonne foi, mais aussi avec une sanction plus stricte en cas d’évitement conscient.
Le message de Pro4Green n’est pas d’entreprendre avec peur, mais d’entreprendre de manière intelligente et démontrablement correcte. Organisez correctement votre administration, documentez les accords importants et n’attendez pas qu’un contrôle s’aggrave. Celui qui reporte encore cela aujourd’hui fait un choix conscient et en porte lui-même les conséquences.
© Yves Heirman
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